Les astuces pour ne pas se laisser déstabiliser lors d'un entretien, d'une présentation :

Etre déstabilisé n’est pas seulement un moment désagréable à vivre, mais comporte aussi le risque de décrédibiliser l’ensemble de vos propos, voire nous-mêmes. Voici quelques astuces pour limiter ou supprimer ces effets malheureux.

 

Nous sommes déstabilisés par un interlocuteur lorsque l’impact émotionnel l’emporte sur la réflexion. 

Ce peut être face à une question imprévue dont la réponse ne nous apparaît pas immédiatement, ou face à une interpellation que nous percevons comme biaisée ou malveillante, ou face à un interlocuteur qui nous impressionne

Quel que soit le cas, mêmes réactions: nous perdons le fil, nos pensées s’embrouillent, nous hésitons, nous nous justifions ou plus simplement nous restons stupéfaits.

 

1/ Se taire et respirer

Dites-vous : « j’ai deux secondes entières devant moi »

Avant tout, il s’agit de calmer l’impact émotionnel, le stress, qui nous saisit. Il modifie notre respiration, notre rythme cardiaque, nous tend, et nous amène à désinvestir notre capacité de réflexion. Décider de respirer et le faire permet de calmer ce premier impact et de détourner notre attention, ou notre conscience, de ce moment réflexe de panique. La respiration ventrale est la plus efficace et la moins visible. Une ou deux secondes de silence sont tout à fait tolérables dans un échange, surtout lorsque nous maintenons notre regard en contact avec l’autre ou les autres.

 

2/ Garder son axe corporel

Dites-vous : « ce n’est pas le crocodile qui décide »

Notre corps parle avant nous, et là encore, il s’agit de réflexes pilotés par les parties les moins conscientes, les plus rapides et les plus « archaïques » de notre cerveau. Notamment, si l’on s’appuie sur le modèle des trois cerveaux de MacLean (pertinent même s’il est simplificateur), le cerveau dit « reptilien », en charge de notre métabolisme et de nos réflexes : le crocodile qui sommeille en nous, en quelque sorte.
Profitant de la respiration ventrale que nous décidons de mettre en œuvre, il est judicieux de décider aussi de revenir à une position d’ancrage, c’est-à-dire d’équilibre corporel. La respiration aide à détendre le visage, lâcher les épaules, réaligner épaules et bassin, laisser son corps peser sur toute la plante de ses deux pieds. Notre centre de gravité corporel se rapproche alors de sa position idéale : autour du nombril.
Une fois de plus, il s’agit de décider et de faire, en s’appuyant sur la conscience de nos sensations corporelles.

 

3/ Rester ouvert

Dites-vous : « j’écoute d’abord, je ferai le tri après »

Tandis que nos réflexes nous amènent à nous dépêcher de trouver une issue, vite, vite, et brouille notre esprit, nous courons le risque de nous précipiter dans une réponse en interrompant l’interlocuteur : interrompre, c’est agresser et donc augmenter encore la tension entre nous. La volonté d’écouter jusqu’au bout en respirant et en retrouvant notre axe nous aide à être plus présent à l’autre : ses mots, son ton.  Deux bénéfices à cette attitude : vous allongez votre temps de respiration en étant à l'écoute de votre interlocuteur, augmentant ainsi la possibilité d'écouter vraiment, et non à travers le filtre de vos émotions (le crocodile).

 

4/ Renoncer aux jugements

Dites-vous : « j’y songerai plus tard »

« Bien, mal, gentil, méchant, rusé, imbécile, … » Ce n’est pas le moment de se faire une opinion fondée sur des jugements ; le temps passé à se dire comment c’est ou comment est l’autre est du temps perdu pour la réflexion sur la meilleure réponse à donner. Et si jamais nous considérons que notre interlocuteur se comporte comme un imbécile malfaisant, alors nous nous retrouvons bien loin de notre capacité à interagir de manière professionnelle et appropriée ! Il sera toujours temps après coup de revenir à ce discours intérieur. Pour l’instant, le plus important est de comprendre pour préparer la réponse.

 

5/ Garder son objectif en ligne de mire

Dites-vous : « et moi, je veux aller où ? »

Si l’interlocuteur cherche volontairement à nous déstabiliser pour « prendre le contrôle », il est urgent de nous rappeler notre objectif. Si l’interlocuteur ne cherche pas à nous déstabiliser mais que nous le sommes tout de même, il est urgent de nous rappeler notre objectif aussi !
Garder en tête ce pour quoi nous sommes là est le meilleur moyen d’évaluer ce qui nous arrive, de prendre une position, de faire une réponse adéquateEt cela nous aide à nous dissocier, c’est-à-dire à séparer l’impact émotionnel et personnel du contexte et du sens professionnels. Autrement dit, de garder, autant que faire se peut, la tête froide.

 

Quelques idées pour reprendre le fil :

1/ Reformuler synthétiquement la phrase qui nous déstabilise :  permettre à l'Autre de clarifier, se permettre d'avoir un autre angle de perception de ce qui a été dit, se donner du temps (pendant que l'Autre reformule, je me mets au calme) pour adapter la réponse. 

2/ Si l’interpellation n’est pas claire, ou comporte une part importante d’implicite, ou constitue une généralisation, renvoyer une question à l’interlocuteur l’amenant à préciser son propos : en quoi, par rapport à quoi, à quelle fréquence, d’après qui, avec qui, depuis quand….

3/ Structurer la réponse et se donner du temps pour l’élaborer. Par exemple : « je répondrai en deux points, premièrement…deuxièmement » , « effectivement [reformulation synthétique], et du point de vue de… »

 

Et dites-vous que ce que vous ressentez n’est pas fatalement visible : vous pouvez vous sentir ébranlé et ne pas le laisser voir.

Alors, quoi qu’il arrive, avant tout, taisez-vous et respirez !

 

Article et extrait de Les astuces pour ne pas se laisser déstabiliser le blog de Cégos

 

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